16.04.2008

APPEL UNITAIRE DE LA JEUNESSE CONTRE LES OGM

1914886654.jpgJ'en profite pour relayer cet appel unitaire lançé à l'initiative de mes copains écolos des Jeunes Verts,
signé par les Jeunes Démocrates. Relayez-le.
Notez qu'il ne s'agit pas là d'une position dogmatique d'anti primaire. Dire non aux OGM, c'est dire non à une expérimentation conduite sous couvert de recherche pour faire du business, au mépris de l'accès pour tous aux peu de faits scientifiques aujourd'hui connu.
A ce titre, il est aujourd'hui indispensable de réclamer la transparence dans ce domaine, et de demander la publication des études commandées par Monsanto au sujet du Mais MON810, certes interdit en France, mais études qui ont démontré les effets néfastes notamment sur la santé des rats. Cf le CP de CAP21 et de Corinne LEPAGE
 
« Refusons d'être les cobayes de la plus vaste expérience scientifique »

Nous vivons actuellement un des grands tournants de l'histoire du monde. Ce mot d'ordre est loin d'être innocent. Il y a comme quelque chose d'extrêmement sensible qui est train de se passer. Nous avons décidé de ne pas nous laisser faire car il ne s'agit pas d'une grogne qu'il faudrait taire, d'un simple chahut ou d'une manipulation. Nous avons décidé de prendre en charge notre destin et de manifester notre colère sur les conséquences d'actes irréfléchis que nous allons subir.

Nous refusons d'être les cobayes d'une expérience scientifique grandeur nature. Nous refusons d'être sacrifiés sur l'autel d'un projet de loi autorisant les cultures d'OGM en plein champ. Précisons que, loin d'être dogmatiques, nous ne sommes pas opposé-e-s aux cultures d'OGM en milieu confiné et à des fins de recherche scientifique. Mais nous voulons être protégés.

Demain, à cause de la décision du gouvernement et du vote de la majorité parlementaire, nous risquons de trouver dans nos assiettes des produits génétiquement modifiés dont personne ne connaît l'impact à long terme sur notre santé comme sur la biodiversité.

La société et sa jeunesse crient leur malaise face aux OGM. Alors qu'hier le Grenelle de l'environnement voulait garantir un droit à produire et consommer sans OGM, pourquoi hypothéquerions-nous aujourd'hui notre avenir ?

Il ne s'agit pas seulement d'une question de solidarité entre générations. C'est aussi et surtout une question de modèle de société et de gestion du risque. Plutôt que de les accepter aveuglément, la société doit prévenir les risques sanitaires et environnementaux liés aux OGM.

Aujourd'hui, nous tirons la sonnette d'alarme pour éviter l'hémorragie.

Le gouvernement et la majorité parlementaire sont prêts à nous sacrifier. Aujourd'hui ils sont informés, demain ils ne pourront pas dire qu'ils ne le savaient pas !

Nous demandons une plus grande écoute de la société civile afin d'appréhender tous les dangers, d'en évaluer les risques par une véritable expertise indépendante, et de mettre en œuvre le principe de précaution..

Nous lançons ensemble un appel à la jeunesse afin de prévenir d’éventuels drames humains, de protéger notre santé et notre planète.

Nous vous invitons à signer cet appel et vous donnons rendez-vous pour une prochaine action "coup de poing" avant que le projet de loi ne soit débattu au Sénat puis à l’assemblée nationale.

http://jeunesse-sans-ogm.org/ 

17.11.2007

L'écologie politique doit être un vecteur de morale politique

933bc417cbbd53ad91d7b4c3cc69f79e.jpg«Ce n’est pas parce que les écologistes ont eu le tort d’avoir raison trop tôt qu’ils doivent considérer aujourd’hui leur tâche comme achevée».

La tribune de l’ancien ministre, présidente de Cap 21, Corinne LEPAGE et de l’ancien secrétaire national des Verts, Yann WEHRLING.

 

Après les annonces faites par le président de la République à l’issue du «Grenelle de l’environnement», une question redondante est apparue : à quoi servent désormais les écologistes ? En effet, dès lors que de nombreuses mesures proposées depuis des années par les mouvements politiques écologistes et par les associations sont retenues par le gouvernement, et qu’en définitive ces choix ont été faits apparemment sans que l’écologie politique n’y ait participé, on peut s’interroger sur l’utilité de mouvements écologistes sur le plan politique.

Il est vrai que le «Grenelle de l’environnement» sonne le glas d’une certaine écologie politique, faite de contestation permanente et du déni de la réalité économique. Pour autant, l’écologie politique a un véritable avenir à condition de savoir transformer une posture flirtant avec une décroissance incompréhensible pour l’immense majorité de nos concitoyens en un mouvement profondément dynamique et tout orienté vers une meilleure qualité de vie. Ce
n’est pas parce que les écologistes ont eu le tort d’avoir raison trop tôt qu’ils doivent considérer aujourd’hui leur tâche comme achevée. En revanche, ils ont à se renouveler profondément pour faire de la qualité de vie de leurs enfants l’objectif de leur propre vie. Cela commence d’abord par la mise en valeur du travail accompli.

Tout d’abord, sans les efforts accumulés depuis des décennies par les écologistes, le «Grenelle» aurait été impossible. C’est précisément la connaissance des problèmes et la réflexion très en amont sur les solutions possibles qui a permis des avancées dont certaines ne sont du reste que le rattrapage du retard français sur les obligations de l’Union européenne et a fortiori sur les pays les plus avancés en Europe. Mais ce n’est pas parce que globalement une partie du monde économique a compris les opportunités liées à l’apparition du marché des nouvelles technologies environnementales et qu’une partie du monde politique a compris que la société française était mûre pour entrer et dans la réalité de l’urgence écologique que l’économie est pour autant devenue environnementale.

Sur un plan économique, le projet de taxe carbone nous fait tout au plus entrer dans l’ère du marché efficient, c’est-à-dire celui qui permet d’internaliser les coûts externes, ou tout au moins certains d’entre eux, mais il ne constitue
qu’une première étape vers l’éco-économie, celle qui permettra effectivement le développement d’une économie cohérente, en boucle, assise sur la vérité écologique des prix et sur un indice de bien-être économique et social. Dès lors, la tâche de l’écologie politique est précisément de penser ce projet cohérent, global, et de proposer et les solutions à la fois économiques et politiques permettant d’y parvenir. Il ne s’agit pas seulement de développer le business vert. Il s’agit de faire du projet écologique un projet de bien-être global intégrant à part entière la santé publique et la qualité de la vie au sens général du terme.

Quant aux objectifs, dès lors que la prise de conscience de l’urgence écologique est acquise, ils ne peuvent être que ceux d’une société responsable et convaincue d’une contrainte éthique forte, ce qui implique à l’évidence que d’autres domaines sont immédiatement concernés comme la lutte contre toutes les formes de corruptions, corruption rimant souvent avec pollution, une véritable solida­rité dans l’espace comme dans le temps entre les humains et la défense
d’une planétarisation qui dépasse la mondialisation lui donnant un sens.

Parce qu’ils réfléchissent depuis plusieurs décennies sur les solutions susceptibles d’être apportées à la crise sans précédent que nous vivons, les écologistes doivent mettre un point d’honneur à être des facteurs d’initiative et de dynamisme, pour vous éviter que la prise de conscience soit récupérée à des fins uniquement lucratives et de court terme alors qu’il s’agit de créer les conditions d’un développement plus juste et de long terme.

En quelque sorte, l’écologie politique se doit d’être à la fois un laboratoire d’idées pour comprendre et penser le nouveau développement, une source permanente de propositions à mettre en œuvre pour rendre possible, dans la
durée, la révolution que nous avons à accomplir et enfin un socle très ferme sur les principes, sans lequel toutes les tentations même les plus folles seront possibles. En un mot, l’écologie politique doit être un vecteur de morale politique, chacun d’entre nous devant, pour reprendre la formule de Steiner, laisser la maison plus belle en sortant qu’il ne l’a trouvée en entrant.
 

 

15.10.2007

"Le principe de précaution freine la croissance"...

Dixit Jacques ATTALI, chargé d'une mission sur la croissance par le Président de la République.
En matière de provocation, on ne pouvait pas faire mieux.

Il s'agit là des fuites du premier rapport d'étapes qui sera bouclé sous peu, axé sur le pouvoir d'achat.
Alors certes il ne faut pas sortir de son contexte une proposition de cet ordre, d'autant plus quand elle est "reprise" par les médias.


Maintenant, le principe même de remise en cause du Principe de Précaution qui serait selon la commission "un frein à la croissance" inquiète et me fait donne d'ores et déjà une idée sur le ton "libéral" qui sera donné aux propositions issues de ce groupe d'experts.

Un frein à la croissance donc, et je reprend ici une partie de l'article du Figaro qui explique la position: « Pour croître, notre économie ne peut plus se contenter de copier le modèle américain, comme au cours des Trente Glorieuses, elle doit innover », résume l'un des économistes de la commission. « Or dans l'innovation il y a forcément une part d'incertitude, un risque à assumer. » Pour un autre membre, parmi les plus libéraux, « avec le principe de précaution nous n'aurions pas eu d'antibiotiques - trop risqué à créer - pas d'Internet - par crainte des images pédophiles - sans parler des voitures... » (cf article du Figaro)

Réadion à chaud: j'invite à méditer d'une part sur le principe d'innovation et sa corrélation positive ou négative à l'égard du principe de précaution et donc du Développement Durable.
J'invite par ailleurs à méditer fortement sur les propos du membre ultra liberal de cette commission qui propose une vision caricaturée des choses.

Et vous qu'en pensez-vous?

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MISE A JOUR Lundi 15 octobre 17h30 - Réaction Corinne LEPAGE - Pdte de CAP21, co-fondatrice du MoDem
Réaction parue dans la Croix

La question du jour. Le principe de précaution est-il un frein à la croissance ? L’ancienne ministre de l’environnement, Corinne Lepage, dénonce toute tentative de retour en arrière.
Introduit dans la Constitution en 2005, au travers de la Charte de l’environnement, le principe de précaution suscite des controverses. Les milieux économiques, notamment, y voient des contraintes supplémentaires. Sa remise en cause figure parmi les propositions discutées par la commission Attali.

Corinne Lepage Avocate, ancienne ministre de l’environnement et présidente de Cap 21;
« Absolument pas. Le principe de précaution est un principe de droit communautaire, applicable dans toute l’Union. Il existe en Allemagne et en Grande-Bretagne, ce qui n’empêche pas ces pays d’avoir un taux de croissance économique supérieur au nôtre. Le principe de précaution encourage la recherche et n’est en aucune manière un blocage de quoi que ce soit. Il s’agit de répondre par anticipation à des problèmes qui pourraient avoir un coût très élevé pour la société. Les Pays-Bas ont, par exemple, calculé le coût du remplacement des bâtiments possédant de l’amiante. Il est de 19 milliards d’euros, rien que pour l’immobilier et sans compter les effets induits en termes de santé publique. Le principe de précaution est d’abord un principe de bonne gestion dans un but de rationalité économique. Dire que cela peut freiner l’activité est un non-sens et un faux problème. C’est un leurre et un bouc émissaire. Mais en France, il y a encore des gens qui le considèrent hyperréducteur. Là encore, je m’inscris en faux. Tel qu’il a été introduit dans notre Constitution, il ne concerne que l’environnement. Et ni la santé, ni l’économie. Contrairement au droit communautaire qui a intégré tout ce qui touche à la santé.

Je ne suis pas surprise de cette attaque. Il s’agit d’une offensive de la part de tous ceux qui veulent que rien ne change. Derrière cela, il y a toute la technostructure mais aussi ceux qui croient encore qu’il pourrait se passer des choses lors du Grenelle de l’environnement. Si le sujet n’était pas aussi sérieux, on pourrait presque juger ce mauvais procès comme dérisoire. Mais je pense que l’opinion publique n’est pas dupe. Avec le prix Nobel de la paix décerné à Al Gore, on voit bien que ce principe de précaution s’inscrit dans le sens de l’histoire. Vouloir revenir en arrière c’est refuser de reconnaître que l’on a changé de siècle.

Étant cynique, on pourrait dire que tous les juristes se moquent de ces atermoiements français. Car, de toute façon, le droit communautaire est meilleur. Mais en termes de symbole, c’est inacceptable. »

Le principe d'évaluation adossé au principe de précaution: les basiques d'une croissance durable

En tant que jeune responsable politique écologiste, je reprend ici l'appel porté par l'Alliance et mes amis écologistes et démocrates sur la transparence et le principe d'évaluation systématique de nos systèmes de production.
Il s'agit là d'une initiative qui illustre parfaitement la necessaire contradiction qu'il faut apporter aux propositions aberrantes faites par la commission ATTALI sur la croissance et la remise en en cause du principe de précaution.
Pour réagir, les premieres sorties des membres de la commission, reprises par un article du Figaro paru vendredi dernier:
"Les membres de la commission Attali y voient un frein majeur à la croissance. « Pour croître, notre économie ne peut plus se contenter de copier le modèle américain, comme au cours des Trente Glorieuses, elle doit innover », résume l'un des économistes de la commission. « Or dans l'innovation il y a forcément une part d'incertitude, un risque à assumer. » Pour un autre membre, parmi les plus libéraux, « avec le principe de précaution nous n'aurions pas eu d'antibiotiques - trop risqué à créer - pas d'Internet - par crainte des images pédophiles - sans parler des voitures... » .
Je vous laisse méditer sur la vision d'un autre âge proposée par le membre de cette commission présenté comme ultra libéral, je dirais plutôt sur une autre planète.

La proposition de liberaliser la grande distribution et de supprimer les loi Galand et Raffarin est tout aussi stupide qu'elle donne donne une réponse fiscale et pécuniaire à un problème qui touche à l'équilibre des territoires avant de toucher le pouvoir d'achat....Il faudra revenir dessus quand nous aurons l'ensemble des constats avec leurs propositions.

En attendant, et pour montrer que la jeunesse est bel et bien dans son temps, la déclation de soutien de jeunes responsables politiques à l'initiative de l'Alliance sur la transparence et l'évaluation des impacts industriels et commerciaux sur l'activité de notre tissu entrepreneurial. Car il s'agit là d'une innovation qui ne freine pas, au contraire, qui appelle plutôt à booster l'économie pour construire une croissance durable.

839a7c52d72016814e7912cf5818b785.jpgDéclaration de soutien de jeunes responsables PS, UDF-Modem, UMP, Nouveau Centre, Verts, Radicaux de Gauche et d’indépendants, à une proposition de l'Alliance pour la Planète dans le cadre du Grenelle de l’environnement.

«Nous n’avons pas peur de la société de consommation, nous n’avons connu qu’elle. Travailler pour des entreprises oui ! Consommer oui ! Mais pas pour n'importe qui, pas n'importe comment, pas à n'importe quel prix !
Aussi éloignés du "patrons voyous" et du "tous pourris" imbéciles que de la fascination stupide devant l'hypercapitalisation, nous, jeunes engagés de différentes sensibilités, citoyens actifs ou simples consommateurs d'aujourd'hui et de demain, salariés et entrepreneurs, demandons à l'Etat français d'oeuvrer très concrètement pour une obligation d’information des entreprises sur leur impact, et ainsi de remédier à la schizophrénie de la relation entre Français et entreprises.
Le seul moyen, à nos yeux, de rétablir un lien de confiance est d'aider les Français à distinguer les entreprises les unes des autres.
Pour ce faire, nous demandons la mise en place d'outils d'évaluation de l'impact des entreprises dans les domaines environnementaux et sociaux demandé par l’Alliance pour la Planète et ses membres (WWF, Greenpeace, Amis de la Terre, Ecologie Sans Frontières, Good Planet, Agrisud…).
Non les entreprises ne sont pas à ranger toutes dans le même panier ! Oui nous souhaitons aider et favoriser celles qui n'handicapent pas notre avenir ni celui des générations futures.
Il nous manque des informations compréhensibles par tous, informations permettant à chacun de comparer et de choisir.
Quels sont les impacts positifs et négatifs des entreprises françaises, présentes sur le sol français, ou de leurs filiales à l'international ? (Que vaut en 2007 une entreprise propre en France et pollueuse dans le reste du Monde ?)
Pour permettre ce choix, les bons élèves doivent être distingués des autres. Il est donc normal que les entreprises qui refusent d‘informer sur leur impact environnemental soient sanctionnées. C’est à ce prix que les entreprises vertueuses récolteront l’avantage concurrentiel qu’elles méritent.
Seules ces informations permettraient d’influer réellement sur les pratiques.
Ce que nous demandons aux élus de la République, ce n’est pas de parler du changement mais de réaliser celui-ci.»

Synthèse de la mesure soutenue :
Impossible aujourd'hui pour un Français de savoir par exemple qui de Renault ou de Peugeot a le meilleur comportement environnemental. Les informations qui sont accessibles au grand public sont illisibles et non vérifiées. L’Alliance pour la planète demande une obligation réelle d'information sur l'ensemble de l'activité d'une entreprise et sur 3 ou 4 indicateurs sociaux et environnementaux compréhensibles par chaque consommateur et citoyen.

Texte complet sur : http://www.lalliance.fr/xmedia/doc/grenelle/Dossier-Allia... (page 26)

27.09.2007

Un New Deal Ecologique à l'échelle planétaire? Chiche!!!

Le Président SARKOZY n'est pas allé cherché bien loin son "New Deal Ecologique" évoqué à la tribune des Nations Unies ce mercredi 26 septembre.

Ecoresp, le livre débat, avait déjà décliné le projet dans sa version 2006-2007. "Pour un New Deal Ecologique" proposaite6d877a275e09883fb10f53b1e0dd00c.jpg plus de 300 propositions de transformation de notre modèle de développement pour prôner l'efficacité énergétique, tout en tenant compte des enjeux liés à nos comportements et à l'épuisement de nos ressources.

Sous la houlette de Corinne LEPAGE, j'ai eu la chance de participer à ce travail, dans la version envisagée dans le cadre de la Présidentielle. Cet ouvrage est le fruit d’un travail collaboratif mené pendant plusieurs mois par des professionnels des questions environnementales (chefs d’entreprises, fonctionnaires territoriaux, consultants, etc.). Nous avons souhaité recenser les bonnes pratiques sur notre territoire, en élargissant à l'Europe et au monde dans l'objectif de proposer des pistes de développement soutenable non explorées jusqu'à présent ou en tout cas, pas par les Institutions. Toujours dans le soucis de montrer que le developpement soutenable est une affaire de transvesalité des politiques publiques, l'objectif a atteindre serait la conjuguaison de la performance économique avec le respect de l'environnement, dans le cadre d'une économie plus raisonnée.

Dans 12 secteurs d’activités, ce livre met en débat près de 200 propositions qui pourront être les moteurs de l’emploi de demain : énergie / santé / commerce / eau / air & bruit / Economie des matériaux et gestion des déchets / agriculture / chimie / industrie / bâtiment / transports / finances.

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Photo Agence Reuters 

Nicolas SARKOZY a bien raison de s'inspirer du ce concept de pacte passé par notre économie avec les industries éco-durables. il a d'autant plus raison dans sa proposition de l'appliquer au niveau mondial que seul à appliquer cette recette, notre pays ne pourra evidemment pas rendre vertueux le reste du monde.

Alors ce New Deal Ecologique au niveau mondial es-il possible? Dans le cadre des Nations Unies et de la lutte contre le Réchauffement Climatique, cela se tient. Sans opposer les systèmes existants, en envisageant d'inssufler des mécanismes vertueux de durabilité de leurs économies, ce pacte mondial permettrai de batir une croissance durable dans le sens écologique du terme au dessus du reste. Cela revient évidemment à adapter les modèles existants, mais en allant au delà des mécanismes traditionnels et en proposant des outils jusque là inexplorés toujours basés sur une péréquation des dispositifs, dans une logique d'équilibre et de partage des ressources. La dimension équilibre Nord-Sud est bien entendu la clé de cet ordre mondial. Un ordre durable devra prendre comme haute considération la volonté de proposer au Sud un développement non plus basé sur l'échange et le pillage des ressources pour le Nord, mais plutot un développement tourné vers ces pays du Sud pour leur inssufler des modèles de croissance plus durables. Des modèles qui prennent en compte leurs perspectives d'évolution, qui bannisent le principe de dépendance énergétique et qui fonde une logique d'échange de biens de consommation sur le partage équitable des ressources.

Un monde idéal? Certes, et je ne suis pas sur qu'une vision "Atlantiste" permette d'envisager une logique aussi vertueuse, quand on voit avec quelle fermeté l'administration américaine se refuse à appliquer une mécanique durable comme le fait la Californie et Schwarzy.  Il faudra quand même veiller à la mise en pratique opérationnelle de ces propositions et au système de veille que proposera la France aux Nations Unies pour bâtir ce nouvel ordre. En ce sens, la nomination de Brice LALONDE, écologiste historique, comme ambassadeur pour la France dans les négociations sur le climat montre la volonté de positionner la France sur l'expertise et non-plus par le biais de la diplomatie institutionnelle.

Un autre gros dossier se prépare, celui de la Présidence Francaise de l'Union Européenne a la fin du printemps 2008. Là encore, la France à un rôle moteur à jouer dans la proposition d'une croissance durable et écologique. Le Gouvernement et l'Elysée devront préparer avec expertise et ouverture d'esprit le dossier environnement, en se positionnant hors des logiques de lobbies, sur une pratique de fermeté mais aussi et surtout d'exemple. Réponse à venir dans très peu de temps...

30.08.2007

De l'art du nombrilisme?

c8fc3d053076699a1ca6f6893a9cabe8.jpgLes Verts se réunissaient en Journées d'Eté à Quimper le we dernier. l'édition 2007 ne s'annonçait pas aussi passionnante et prospective que celle de Coutances en 2006 où nous avions passé avec Corinne LEPAGE, CAP21 et nos amis Verts un vrai moment de partage, d'amusement et de réflexion autour de l'avenir de l'écologie politique.
Nous avions trouvé un terrain d'entente, nous n'avons pas pu concretiser, le souvenir du moment reste gravé malgré quand même.
Cette année nos amis écolos n'ont pas souhaité ouvrir, exit la proposition de faire venir BORLOO, encore moins à nouveau ceux qui ont cédé à la tentation du centre ;-) 
Il se dit même que le lavage "à la brosse et au savon" proposé par Cécile DUFLOT ne parait pas assez ambitieux, même chez ses plus proches...Il faut que les Verts se réforment, au risque de se prendre de plein fouet un léger revers aux municipales. Et ce malgré l'apport technique, certes dogmatique, mais innovant de leurs réalisations au sein des municipalités.
Les Verts comptent parmi eux de formidables élus qui ont contribué a changer la face des villes. Les talents exprimés et les réalisations prêtent naturellement au "râle" des frileux qui y voient de l'emmerdement systématique. Et alors? C'est si génant que cela d'éradiquer opérationnellement l'insalubrité? que de re-équilibrer la voirie au profit d'une meilleure qualité de vie? que de proposer de changer nos habitudes de consommation en prônant le logiciel libre jusque dans les administrations et le bio dans la restauration publique par exemple?
Assumer semble aujourd'hui être une méthode politique qui rassure et qui ouvre à l'avenir. Mais pourquoi quand Sarkozy assume, tout le monde applaudi, et pas quand les écolos assument "d'emmerder le monde"?
Nombrilisme disions-nous? Ou alors juste la phase 1 d'un processus long "trop?" de conversion contre le grés de trop de citoyens à la rénovation écologique et durable de notre Société. 

1d4a3ae97839b627367d630937a63a40.png Retour quand même sur les JE des Verts: c'est sur le blog du tout nouveau député Vert Francois De RUGY que l'on trouve un message surprenant de quasi desespoir.
En voici un extrait qui parle de lui-même: "Le contraste entre l’attitude de l’appareil vert et celle des militants n’en a été que plus frappant. D’un côté, une direction des Verts qui s’est manifestement ingéniée à ignorer mon élection, ayant eu le malheur d’être élu grâce à un accord local entre les Verts et le PS (nationalement les Verts et le PS n’en ont pas été capables).
Ainsi, plusieurs personnes (militants mais aussi journalistes) n’ont pas manqué de s’étonner de voir les trois autres députés s’exprimer à la tribune d’une des grandes réunions sans que j’y sois invité. De même pour la grande réunion à propos du Grenelle de l’environnement, alors que je suis le seul député vert à y participer… Il n’a donc pas été possible en quatre jours de trouver un moment pour saluer l’élection d’un nouveau député Vert ou celle de Jacques Muller, nouveau sénateur Vert, seules nouvelles pourtant positives des dernières élections!"

Certain y verront un excès de nombrilisme, les autres y verront une illustration du manque total de discernement du peuple Vert qui peine à retrouver ses marques et qui préfère se refermer sur lui, et se regarder le nombril. Phase certes fondamentale, mais qui gagnerait à s'ouvrir, plutôt qu'à se focaliser sur les querelles partisanes. La seule nouvelle "positive" venant de l'appel à travailler avec le PS sur le fond.

80aed7e996ba03469243c96b4b75877b.jpgBonne nouvelle quand même: l'élection du nouveau secrétaire fédéral des Jeunes Verts: Alexei PROKOPIEV qui avec son équipe compte inscrire son mouvement jeunes dans l'avenir du mouvement ainé Verts, pour donner une place plus importante à la jeunesse dans le monde politique, et renouveller la vision et la pratique de la politique pour notre génération. Tout un programme, une ouverture nouvelle qui, je l'espère, inscrira les jeunes écolos qui se disent de gauche dans une démarche plus large d'ouverture au dialogue transpartisan, en phase avec ce que8eae3a39b0d03a6352f2117e02ed9c26.jpg doit être désormais l'approche du renouvellement de la génération politique.
3caa1759250623c11f145b47bc858fd2.jpg Bon courage à  lui, et à très vite pour des échanges et des mutualisations afin d'engager les Jeunes Verts et les Jeunes Démocrates, voire plus, sur la voie du ré-investissement citoyen de notre génération, au délà des clivages, dans le respect de nos convictions, et dans la satisfaction de montrer à nos aînes que nous avons compris avant eux la nécéssité de revoir nos manières de s'engager.

13.08.2007

Points de vue croisés sur l'ourse Franska et la préservation de la biodiversité animale

2ae4cfc77d802c8d604fe9f3561bec6e.jpgUne fois de plus, le débat est relançé sur la re-introduction d'espèces disparues en France, avec la mort accidentelle de l'ourse Franska.

Mais cette fois-çi, il semblerait que le gouvernement s'accorde à penser qu'une trève soit nécéssaire afin de peser dans une intelligence prospective la problématique. Car l'objectif est bel et bien d'aller plus loin que de savoir s'il faut ré-introduire ou non des espèces animales en vue de restaurer un semblant de biodiversité dans des espaces "dits naturels".

A ce sujet, voici la problématique éclairée selon 2 points de vue écolos

- Le premier est celui de Julien SAGE, militant Vert en lice pour Nanterre 2008: mon copain Ju' propose d'éclairer cette affaire en faisant état d'une comparaison naturaliste entre différents dispositifs de ré-introduction d'espèces.
Son constat est écologiquement évident: l'espèce animale ré-introduite est le bouc-émissaire pour des agriculteurs victimes d'un sevrage d'aides "agricoles" qui les empechent de participer à la re-construction d'une agriculture et d'un pastoralisme innovant qui aient le courage de remettre en cause une PAC et une vision de l'agriculture qui fait disparaitre le métier de paysan. Il voit très justement l'agriculteur comme une victime de l'agro-alimentaire qui n'a d'agro que les maigres investissements faits par les firmes dans la participation à la survie du monde paysan et dans la pseudo recherche d'arômes, de goûts et de conservation alimentaire.

- le 2nd est celui de Corinne LEPAGE, présidente de CAP21, co-fondatrice du MoDem, et ancienne ministre de l'Environnement qui demande à faire un constat d'évidence sur l'échec des politiques de ré-introduction. Elle propose d'ouvrir les yeux sur les conséquences néfastes de ces décisions qui ne font que déchainer les passions et qui alimentent, comme sur le dossier OGM, les critiques sur l'écologie taxée d'intégrisme alors qu'elle cherche en fait à proposer de reconstruire.

Il faut désormais en la matière raisonner sans accéder aux requêtes pour des raisons politiques mais pour des évidences "naturelles".
On nous apprend en Géographie que le "milieu naturel" n'existe plus au sens strict du terme à partir du moment où il a été touché par l'Homme. Il n'existe presque plus de milieux "vierges" de nos jours. Donc osez dire que nous allons re-introduire des espèces dans leurs milieux naturels est d'une hypocrisie crasse: Franska renversée par une voiture, et piegée par l'Homme et un pot de miel "tueur"; ces éléments étaient-ils présents à l'époque où l'ours vivait tranquille dans nos contrées? où se trouve le "naturel"? est-ce une fatalité?
Faudra-t-il continuer de dépenser des fortunes pour "protéger" des espèces dont les habitudes de vie ne sont plus adaptées à celles qu'elles eurent connu fut un temps?
Car cela vaut pour l'Homme comme pour l'animal: nous sur-dépensons pour contrer les "déviances comportementales" de l'Homme (Sécurité Routière, sur-médication, braver les interdits, sur-consommer, etc), comme nous sur-dépensons pour tenter de proposer un habitat "sur-naturel" à des espèces qui ne pourront que braver le "sur" pour retourner au "naturel". Au final, tout le monde est perdant: on dépense mais la vie ne perdure pas comme elle devrait.

Corinne et Julien le soulignent avec force, la décision du gouvernement sur le plan de re-introduction le confirme: il faut que nous reflechissions à la politique que nous voulons en matière de protection de la bio-diversité. Avant de prendre toute décision, il faut désormais faire réfléchir tout le monde, ainsi que les Institutions aux conséquences des gabegies que nous continuons d'entretenir. L'évaluation ante et post est fondamentale, et fait partie de la démarche d'écologie politique, car elle doit tendre à faire prendre conscience à tous qu'un nouveau modèle de développement doit être basé sur des prises de décisions non passionnelles et prospectives.  

Nous devons inventer un autre monde, çà n'est pas une lubie d'écolo borné intégriste, mais une évidence furieuse qui nous touche tous les jours; certes contraignante mais qui au final nous permettra d'économiser et de vivre en respectant tout le monde, sans attiser les passions.

Nous devons continuer de re-introduire des espèces animales, mais à la seule condition de proposer et de re-inventer parallèlement des pratiques pastorales et consumeristes en phase avec l'harmonie des espèces dont nous faisons partie. Il faut désormais prendre le problème par le bon bout et accompagner le monde paysan dans la reconquète de son metier et le monde animal dans la reconquète de ses territoires. Il n'y a aucune raison pour ne pas retrouver les équilibres que nous avons chamboulé. 

PS: merci à Julien pour la photo originale que je reprend de son blog http://web2ju.net/