18.06.2007

De la farce politique à la légitimité de la nouvelle Assemblée

Bilan en demi-teinte pour ces législatives: retour d'une opposition pluraliste, renouvellement des profils, sanctions pour certains, bon pour un "mandat" pour d'autres...mais encore et surtout une abstention trop importante 

Nous, Citoyens, avons enfin rétablis un peu de sens dans cette nouvelle Assemblée: nous avons exclu une bonne part des peoples et autres candidats fantoches qui, au premier tour, nous avait causé des frayeurs, autant que nous avons donné notre confiance à certains qui se battent contre l'adversité politique.
Exit donc les candidats "je me moque des électeurs":03becd5731388f14b1af8b7a601b3b03.jpg
- l'hystérico-maladroite Sylvie NOACHOVITCH plombée par des propos racistes confirmés de toute part, assumés par personne
a10000f3fcf44985b0afb691aad2cff7.jpg- exit de même Arno KLARSFELD, battu à la régulière après une campagne-farce hallucinante de mauvaise foi, a coté de toute valeurs républicaine, et hors des réalités politiques, et qui ne sera même pas Secrétaire d'Etat....
- Alain CARIGNON unanimement laminé de tous les cotés, mais qui croit toujours à un retour possible, malgré sa cuisante défaite

Mais VANNESTE est toujours là: l'UMP n'ayant pas voulu présenter officiellement cet élu homophobe multi-condamné, elle a préféré lui donner l'étiquette CNI, celle que l'on donne à ceux dont on ne sait que faire. L'UMP a là encore manqué de courage et a préféré voir l'interêt de la circo plutot que de balayer devant sa porte.

Alain JUPPE emporté par son passé, mais regretté pour son profil

Il y a parfois des défaites cruelles. Le "meilleur d'entre nous" vient de subir ce qu'il a fait subir à sa rivale socialiste un an auparavant dans la législative partielle qui l'avait remis en selle: la défaite à quelques centaines de voix.
La défaite est toujours amère, mais la perte d'un bon élément l'est encore plus, malgré la critique qu'on doit lui faire sur son passé politique.

Car Alain JUPPE était, à droite, le meilleur profil pour conduire et construire les bases d'une véritable politique de développement durable au gouvernement.
Malgré les inquiétudes légitime des ONG au sujet du Grenelle de l'Environnement, et la décision "surprenante" pour reprendre CAP21 et Corinne LEPAGE de ne pas interdire le mais OGM MON810, Alain JUPPE demeurait le seul en mesure de faire comprendre et d'appliquer un semblant de logique durable au plus haut de l'Etat. Même s'il faut reconnaitre que pour le moment, le tatonnement systématique et l'ampleur de la tâche sans feuille de route claire ne donnait pas cher de la peau du Ministre en charge du dossier.
Il s'agit d'une perte technique et diplomatique, dans un gouvernement qui doit encore faire ses preuves en matière de politique de développement durable. Il faut une personnalité solide, reconnue et compétente sur le fonctionnement de l'Etat pour prodiguer les soins nécéssaires: transversalité, regroupement des compétences, levée du secret, lutte contre les lobbys, vérité écologique, concertation, lien santé-environnement, lutte contre le déni de réalité, Interêt Général, etc.
Il faut de toute manière dissocier l'interpretation au national de sa défaite au niveau local. Il n'a clairement pas su contenir la montée de l'oppostion municipale et a surtout beaucoup préjugé de la docilité du très pugnace candidat MoDem Ludovic GUINARD.

Ségolène ROYAL fini de parfaire son costume de Messie en se moquant des électeurs
b68595fe6cf9d9fe0b020627c4adb0c7.jpgAprès avoir pillé le travail de ses ouailles dans la rédaction de son pré-projet sans un merci, elle est aujourd'hui rattrapée par le mensonge organisé autour de sa prétendue vie de couple avec Francois HOLLANDE et intervient au mauvais moment.
La vie privée des politiques n'a jamais autant posé de questions sur d'une part la bonne foi de nos élus, et d'autre part sur l'éthique des journalistes et leurs connivences avec le pouvoir.
Mme ROYAL s'est clairement moqué des électeurs en alimentant les rumeurs sur sa vie de couple avec Francois HOLLANDE, sans jamais contredire les rumeurs persistantes de rupture. En choisissant de dévoiler, certes malgré elle sur le timing, sa rupture avec le 1er secretaire du PS le soir même du 2nd tour, elle a dépassé un cap que tout le monde a condamné fermement, quitte à s'enticher d'un boulet de plus dans sa conquète du PS. Qui peut ne pas trouver cette manière de faire humiliante d'une part pour l'ex-mari, et d'autre part pour les enfants du couple. Comment peut-on vivre dans un tel déni de vérité sur soi-même au seul profit d'une survie politique? Comment surtout peut-on excuser les médias d'avoir participé à cette farce médiatique et de s'être fait autant avoir?
Les prises de positions de HOLLANDE et son manque de pugnacité ont donc désormais une justification officielle. Celle qui fut la Madone des médias a aujourd'hui berné beaucoup de monde et manipulé tous ceux qu'elle pouvait encore amener à elle.
Les médias vont se venger car manipulés, les électeurs le feront aussi à un moment si personne n'arrive a faire comprendre l'égo-(c)entrisme machiavélique de ce personnage qui au départ pourtant semblait porter tous les signes du mouton noir. En fait, le loup était sur le point d'entrer dans la bergerie.

Le MoDem et les Verts surprennent, des candidates socialistes arrivent au bout de leurs combats
4 sièges finalement pour le MoDem, voire 5 (si JC LAGARDE retrouve son chemin), 4 pour les Verts.
les Turfistes du dimanche qui nous sortaient des projections en sièges après le 1er tour, sans connaitre la fin de l'histoire en sont pour leurs frais, ils se sont trompés où alors ils manquaient pour une fois de billes. Le report des voix du MoDem a naturellement servi la gauche, c'est un fait. Le Mouvement Démocrate confirme donc le renouvellement de la sociologie centriste autour vers le centre gauche et peut commencer sa vie sereinement malgré sa maigre representation.
Les Verts reviennent de très très loin. Comme pour les signatures en faveur de Dominique VOYNET à la présidentielle, tout c'est fait au local, et la victoire de Francois De RUGY à Nantes montre à quel point la logique d'appareil tiens de moins en moins face aux mécaniques politiques locales. L'écologie sera representée à l'Assemblée par les Verts, une partie du PS, mais aussi par le MoDem, et pourra faire contre pouvoir au gouvernement en la matière avec plus de fermeté.

Ces législatives furent aussi un âpre combat pour certains et surtout pour certaines:
Sandrine MAZETIER qui l'a emporté à Paris contre KLARSFELD a pris sa revanche sur 2002, alors qu'elle fut écartée au profit de l'accord de non-concurrence sur les circos avec les Verts. Belle revanche d'autant plus que faire campagne dans un premier temps contre personne pour se retrouver face à un discours et un profil hors de toutes réalités démocratiques et politiques ne fut pas chose aisée. Là encore le MoDem a fait la différence. Elle offre au PS parisien le luxe de récuperer LA circo charnière, avec une avancée franche de tous les candidats PS ou presque face à leurs concurrents.
George PAU LANGEVIN tourne une page dans le 20ème à Paris en mettant au tapis une vieille figure de l'arrondissement en dissidence, et inscrit la diversité dans la politique parisienne.
Aurélie FILIPETTI élue en Moselle sous l'étiquette PS retrouve un semblant de vie politique, elle qui a subi le management politique poussant à la dépression des Tibéri dans le 5ème.
Alexandra CANAVELIS et Sylvie ANGELI, deux personnalités de CAP21 candidates respectivement dans le Val d'Oise et en Seine et Marne sous l'étiquette CAP21/MoDem. Elles ont fait apparaitre la capacité du mouvement de Corinne LEPAGE a montrer ce qu'il sait faire sur le terrain. Chacune leurs spécificités: Alexandra la lutte contre les nuisances aeroportuaires, les projets autoroutiers et les usines d'incinération entre autres; Sylvie la lutte pour la probité en politique et la préservation de la biodiversité notamment. Elles ont toutes les deux acquis la notoriété suffisante pour montrer aux équipes MoDem les excellents profils qui composent CAP21 et qui oeuvreront avec l'UDF pour la suite, sans forcement être à l'Assemblée.

D'autres multiples exemples font évidemment pléthore et féminise autant qu'ils rajeunissent une Assemblée qui va devoir faire cohabiter vieux briscards de droite avec de jeunes pousses d'opposition.

Mais quel avenir pour notre démocratie et pour le pluralisme avec 40% d'abstention?
C'est la question qui doit nous interpeller car comment pourrait-on fonder une légitimité parlementaire alors que plus d'un quart de la population n'a pas voté, et que la representativité politique à l'Assemblée n'existe pas?
Doit-on sacrifier cela sur l'autel de l'efficacité optimum sarkozyste? Est-ce compatible?
L'opposition jouera t-elle son rôle de contre-pouvoir? le pourra t-elle face à l'Etat Sarko?

13.06.2007

40% d'abstention, ROYAL Messie: RAS LE BOL

40% d'inscrits pensent apparemment que les jeux étaient déjà faits...

C'était écrit, la majorité présidentielle allait naturellement empocher un maximum de sièges à l'Assemblée Nationale.
La sortie de campagne du PS a viré au suicide collectif, avec, il faut le dire des médias qui s'en donnent à coeur joie pour alimenter les dossiers people de la politique, encouragés par le nouveau Pdt de la République...

Mais ce qui est le plus choquant, c'est l'abstention monumentale du 1er tour des législatives. Cela fera taire une bonne fois pour toute ceux qui ont clamé haut et fort que les francais étaient revenus aux urnes...La forte participation de la Présidentielle s'explique donc bel et bien par le traumatisme de 2002 et la peur de voir revenir au 1er plan le candidat frontiste.
Mais ceci s'explique aussi par la campagne méthodique de Sarkozy qui depuis plus de 3 ans à complètement anesthésié la démocratie en posant ses pions et en donnant des biscuits à tous ceux susceptibles de le porter dans son rève d'acceder au Chateau. Résultat des courses: on part du principe que les jeux sont fait dès lors que l'on a bien expliqué en amont que le programme était ficelé et bon avant même de le faire voter par les électeurs, et donc on ne va pas voter.
On va encore moins voter pour des candidats de gauche d'une nullité crasse, incapables d'être en mesure de porter intelligemment la contradiction à leurs opposants.
Le pire: on décide de ne pas aller voter en masse pour les candidats qui incarnent le renouvellement non seulement en terme d'age, mais aussi en terme de vision politique et humaine.

Bref, la vieille génération politique qui vient de mener la bataille dont nous sommes sur le point de sortir; a signé l'arrêt de mort d'une démocratie qui se laisse faire sans bouger, et qui ne donne même plus aucun signe de vie quand tous les signaux sont là pour montrer que le déni de démocratie est permanent. A tel point que j'en viens à me dire avec dépit qu'avec plus de 80% de participation à une élection, Sarkozy est tellement légitime dans son élection que plus rien ne pourrait venir le contredire dans ce qu'il fait, de bien ou de mal. Bref, nous allons dans le mur.

40% d'abstention donc, j'ai fait mon devoir de citoyen, je suis allé voter pour mon candidat MoDem sur ma circonscription: son résultat est ultra prometteur et donne un signe: Wladimir D'Ormesson a fait 11% dans le 16ème sud, arrivé 2nd derrière Goasguen. Cela n'aura pas empéché ce dernier d'être élu au 1er tour (et oui, Paris 16 n'est pas encore prêt à sauter le pas du 2nd tour...). Un jeune de 26 ans, avec un profil idéal pour la circo: énarque normalien, bogosse, gendre idéal, brillant, avec du fond. De là à dire que tous les jeunes candidats MoDem avaient ce profil là non, mais force est de constater que tous étaient bons et ont montré à leurs ainés qu'il faut désormais laisser la place. A noter que les candidats MoDem ayant fait les meilleurs scores sont les plus jeunes, on retrouve la même chose au PS (Delphine BATO chez Ségolène notamment), beaucoup moins à l'UMP (y avait-il des candidats jeunes d'ailleurs).
Bref, la nouvelle génération est là, et nous allons donner l'envie d'aller voter.

ROYAL la Messie fini d'assomer la gauche et d'alimenter sa nécrologie
Ségolène semble vouloir jouer la candidate qui marche sur l'eau jusqu'au bout. Après avoir pillé au sens strict du terme l'apport des experts qui ont bossé sur sa candidature avant même qu'elle soit désignée, et sans même les avoir remercié, ni avoir fait référence, Mâââââdââââme ROYAL tente desespérement de capitaliser sur son score. Alors oui, elle a reconcilié les électeurs de gauche avec les urnes, mais visiblement pas au point de leur faire envie d'aller voter pour les futurs parlementaires. Oui elle a quand même revolutionné le dialogue et la manière d'envisager le débat interne dans un mouvement en le provoquant quitte à le revendiquer pour montrer une sorte de modernité. Sauf que le PS refuse obstinement de suivre et s'enfonce dans un archaïsme dépitant pour ses électeurs, autant que pour l'opposition et les autres partis politiques. Qui a envie d'aller porter la contradiction à de tels autistes?
Tout a été dit mais la baffe vient de remonter: le PS condamne implicitement la démarche de ROYAL qui a voulu seule appeler BAYROU pour discuter au sujet de l'entre-deux tours de la législative. Son attitude sur le plateau de France2, aussi justifiée soit-elle ou non, a par ailleurs montré à quel point elle se place au-dessus du commun des mortels, persuadée d'être le Messie incarné. Ca me rappelle d'ailleurs un peu la démarche de HULOT en son temps...

J'en fini là pour rejoindre Manuel VALLS qui comme beaucoup de monde, en as RAS LE BOL d'entendre les médias et les diners en ville rapportent tout à la vie de couple de ROYAL et de HOLLANDE.  Il serait peu être temps pour eux deux de dire la vérité au sujet de leur couple, pour faire enfin taire les charognards people qui tentent d'expliquer le résultat d'un scrutin à la lumière de la vie de couple de personnalités politiques. Foutez-nous la paix avec çà une bonne fois pour toute.
 
Dimanche il faut voter pour entrer en résistance
Et oui, il y aura toujours trop de député UMP à l'Assemblée, mais ca serait bien quand même de faire passer quelques bon candidats de l'opposition. Parmi eux: Sandrine MAZETIER, qui se bat contre le clown avocat KLARSFELD à Paris, Jean Marie CAVADA dans le Val de Marne, Francois BAYROU et Jean LASALLE car il faut des députés MoDem, DSK d'autant plus par défaut qu'il a face à lui une chroniqueuse de TF1 qui incarne tout ce qu'on ne doit pas voir en politique, Yves COCHET et Martine BILLARD à Paris pour les Verts pour montrer que l'UMP ne sait pas parler d'écologie. Au final, il faut garantir le pluralisme, en votant en âme et conscience.

Un mot final pour dire bravo à tous les candidats qui se sont présentés pour la première fois. C'est au MoDem qui le phénomène fut le plus important, et c'est surement au MoDem que les candidats ont du vivre l'expérience la plus enrichissante. Bravo aux candidats CAP21-MoDem qui se sont battus fabuleusement: Ludovic GUINARD contre JUPPE, Alexandra CANAVELIS dans le Val d'Oise, Sylvie ANGELI en Seine et Marne, et tous les autres.
Bravo aussi aux autres, Julien SAGE candidat Vert qui a pris 3% à Patrick OLLIER, Yann WERHLING qui a résisté quand même à Francis LALANNE en Alsace, Bruno LANDRIOT à Saint Etienne, CAP21 parti en solo, Jean Yves DE CHAISEMARTIN agriculteur de la mer candidat MoDem à Paimpol, et tant d'autres. 

18.05.2007

Les temps changent...un foyer présidentiel miroir de notre Société

Je reprend là le titre d'un billet assez juste d'Anthony DOUET sur son blog. Il confie sa petite déroute: un Président avec qui nous sommes nés qui s'en va, et un nouveau qui arrive, que nous avons connu en Ministre, avec qui nous avons peu partagé.

J'illustrerai le titre de nos billets respectifs par le fait que nous avons "un foyer Présidentiel" plus en phase avec les réalités de notre société. Une famille recomposée, avec des enfants jeunes.
Pour moi c'est une petite révolution. En bon narcisse que je suis, elle reprend la forme du foyer de ma vie: des parents divorcés, remariés avec 1 frère et 3 soeurs que j'aime de tout mon coeur.
La famille présidentielle n'est cependant pas incarnée par celui que j'aurai aimé voir prendre les rênes de notre pays, mais je pense malgré tout qu'un certain nombre de détails dans le quotidien de l'Elysée et dans la marque déjà imprimée par le Président vont changer notre manière d'appréhender la République. A contrario, ce foyer miroir de notre Société l'est malheureusement aussi dans tout le show off people que certains réclament et que la presse se délecte à retransmettre. On a vu lors de la passation de pouvoir une sorte de montée des marches. Le protocole a été chamboulé par une famille nombreuse, le fils du Président jetant un oeil amusé sur le grand collier de la légion d'honneur, et deux Premiers Ministres se passant la main en compagnie de leurs femmes, voilà ce que l'on retient aussi. Avec toute la nouveauté, la surprise que cela représente, mais aussi avec tous les risques de peoplisation auxquels nous sommes désormais exposés.

La cerise de la journée: un Pdt et son PM qui vont faire un jogging. Certains y verrons une caricature Clintonienne, d'autre un signe de modernité.

Décidement, comme BAYROU et LEPAGE l'ont dit au soir du 1er tour, la politique ne sera plus comme avant...

07.05.2007

Une lourde responsabilité

medium_Sarkozy.jpg85% de participation à ce second tour, c'est énorme.

Une immense responsabilité, encore plus importante qu'aux scrutins précédents, et l'assurance d'une victoire nette du candidat de la droite. Ca n'est évidemment pas nouveau, tout le monde l'a rappelé hier soir sur les plateaux de télé.

Sarkozy l'a bien compris, c'est une victoire franche, mais il sera attendu au tournant. Maintenant qu'il est sur le point d'atteindre son rêve le plus fou, il sait qu'il ne peut plus reculer, tout autant qu'il sait qu'il peut se prendre une baffe monumentale aux autres scrutins nationaux. Si tant est que les citoyens aient fermement décidé de renouveller cette forte participation aux prochaines élections. Je l'espère en tout cas.

Maintenant que le futur Pdt de la République est désigné, il ne va pas falloir pour autant oublier ce qui est sorti pendant la campagne. Quelles que soient les casseroles, les coups bas, comme les bons coups et les remarques pertinentes il va falloir s'atteler à une tâche importante: l'émergence d'un contre-pouvoir, mais à condition que cela soit constructif.

Nicolas SARKOZY a en tout cas impressionné par le calme et la profondeur de son regard. Il semble en effet que lui soit tombé dessus une responsabilité dont il se sens fier, surement capable, mais d'autant plus immense qu'elle est légitimée par un score important. Nul ne sait de quelle manière cela va concrètement se traduire dans son exercice du pouvoir. Une chose est sûre, ca sera efficace, quel qu'en sera le sens.

La défaite de la Gauche est saine car elle oblige désormais les futurs tenants à se rénover et à purger. Car c'est de cela que l'on doit parler: cette incapacité à se renouveller et à s'ouvrir à la modernité a plombé la campagne de la candidate. Cette campagne partait bien, innovante, elle était incarnée par une candidate portée au pinacle par tous. Mais elle a été rattrapée par les conservatismes et par l'incapacité du PS a porter la modernité dans son discours.

Ségolène ROYAL n'a pas perdu, c'est le PS qui a perdu à mon sens. Elle incarne aujourd'hui, avec certes ses propres défauts mais avec ceux qui veulent le porter, une refondation nécéssaire autour d'un projet de social-démocratie, axé sur le renouveau citoyen et militant d'abord, et ensuite sur l'innovation méthodologique et prospective du projet de société que va devoir incarner ce nouveau PS.

Sur le futur gouvernement, quelques inquiétudes:
- Les mêmes têtes vont revenir, MAM, Douste, Fillon, le retour de Juppé, Jean francois Copé, etc.
- Les thèmes portés: identité nationale, retour de l'ordre, etc. Comment vont réagir les populations? Les fossés vont-ils s'accentuer?
- Que vont devenir les engagements sur le développement durable, et comment le futur gouvernement va t-il aller au delà du pitoyable volet environnemental porté par le candidat UMP. Nous ne pourrons pas un quart de seconde compter sur Nicolas SARKOZY pour aller porter une parole rassurante quant au réchauffement climatique, ou alors il va devoir suivre un cours de rattrapage intensif. Pourtant, Nathalie KOSCIUSKO MORIZET n'a pas réussi depuis 5 ans à faire en sorte que son candidat comprenne ce qu'il raconte sur l'écologie, tout au moins, ce qu'il lit.

La seule rupture semble finalement être dans la manière dont seront organisés les pôles gouvernementaux.
Il semble que nous ayons enfin ce qu'il fallait faire depuis longtemps: des périmetres ministériels révisés, en phase avec les évolutions de la société et les besoins: un grand ministère de la stratégie économique et du social, un grand ministère de l'écologie, de l'industrie et des transports, un ministère des comptes publics, etc.
La première réforme qui va déjà poser des problèmes sera celle de l'organisation des services de l'Etat qui va découler de ces nouveaux périmêtres.

Le futur Président de la République dit vouloir donner un statut à l'opposition. Belle avançée de la démocratie, c'est un fait. Il va falloir maintenant s'assurer que ce statut donne des résultats constructifs et interessants pour la Société et pour l'exercice du pouvoir. Cela ne pourra néammoins se faire que si le PS fait enfin sa mue, et si le futur Mouvement Démocrate prend toute la place qu'il doit occuper au Parlement d'ici Juin.
Tous les contres-pouvoirs citoyens vont avoir un rôle clé à jouer durant les 5 ans à venir.
Les lanceurs d'alertes écologistes et humanistes seront plus que jamais les véritables témoins de l'urgance écologique et démocratique. Avec Nicolas SARKOZY Président, leur tâche sera d'autant plus importante qu'il devront scrupuleusement veiller à ce que le nouvel executif aille bien plus loin que les très faibles engagements pris pendant la campagne.
L'impératif écologique est fondamental pour  la nouvelle majorité. Elle ne pourra donc pas en rester à ce qu'elle propose, au risque de perdre beaucoup de crédibilité et beaucoup de suffrages.

La suite au prochain épisode. Ce qui m'interessera par dessus tout sera non pas forcement la composition, mais la ré-organisation des périmêtres ministériels au regard de l'évolution de la Société et des blocages dans le traitement des dossiers.

04.05.2007

Accrochons-nous

Temps orageux dehors, au moment où j'écris ce billet.

Je promettais dans le mot précédent de revenir sur le débat ROYAL/SARKOZY.
Le sérieux voudrait que je ne tombe pas dans la facilité mais dans l'objectivité.

Ainsi ROYAL fut effectivement pugnace, mais limite agressive. J'ai trouvé cette attitude courageuse dans le sens où j'ai bien senti qu'elle attendait ce duel face à SARKOZY depuis longtemps. Elle s'est faite la porte parole d'une moitié de francais qui apparemment ne veulent pas d'un président à l'issue de ce scrutin. Preuve en est qu'au final, il l'a bien cherché à force d'avoir systématiquement refusé le dialogue.
Car il s'agissait bien d'un dialogue qu'il fallait envisager les choses dans cette campagne. On a vu que le débat avec BAYROU faisait apparaitre une véritable attente, chez les candidats comme chez ceux qui l'ont regardé. Je ne comprend toujours pas pourquoi est-ce qu'on ne peut pas envisager un dispositif de campagne complété par ce type de dialogue. La réponse de SARKOZY qui sous-entendait que le dialogue en question était contraire aux Institutions. Le candidat UMP serait-il tellement attaché aux Institutions qu'il refuse de voir la vérité en face, c'est à dire le besoin de refonte des Institutions, d'une véritable séparation des pouvoirs, le besoin de voir la fin de la suspicion systématique face aux pouvoirs médiatiques et économiques?

Revenons sur le débat de cette semaine: effectivement, Ségolène ROYAL était plus floue sur le volet économique que Nicolas SARKOZY qui a très bien rodé son discours depuis le début de cette trop longue campagne. Ce dernier fut en effet calme, posé, concret. Le fond fut parfois démagogique, notamment sur la possibilité du recours judiciaire lié au droit opposable incompatible avec le fonctionnement actuel de la justice. Mme ROYAL a choisi le lendemain d'annoncer qu'elle reprenait une proposition evidente de BAYROU au sujet de l'affectation des crédits liés à la croissance au delà d'un certain seuil au comblement de la dette. Son projet présidentiel pêche malgré tout par un recours trop systématique à l'Etat, son recours permanent au dialogue est inquiétant, même si je pense qu'il faut aller voir plus loin, la candidate aurait du ré-affirmer que le dialogue n'était pas incompatible avec de l'efficacité, même si la gauche a montré ces dernières années qu'elle n'a pas réussi en la matière. Nous avons encore le droit d'y croire quand même.

La perle du débat fut quand même l'échange sur le volet environnemental: d'abord le nucléaire et les erreurs de chiffres; ils étaient tous les 2 out. Le plus grave fut quand même le fait que le candidat de droite ait allégrement défendu son point de vue au sujet de l'EPR, réacteur selon lui de 4ème génération, alors qu'il s'agit de la 3ème génération. Lui qui a défendu le décret devant le Parlement auraient du être l'un des premiers à ne pas s'embrouiller, cela prouve qu'il n'a pas intégré l'urgence écologique dans son schéma mental, alors que HULOT l'a pourtant arrosé de recommandations.

En ce qui concerne l'issue du scrutin final: elle n'est pas rassurante, les sondages donnent une avance confortable à SARKOZY. La polémique sur la connivence médias-Sarkozy-institus de sondages est à mon avis fondée, mais au final cela nuit au débat attise les passions à 3 jours du scrutins et ca nuit à l'image de la candidate socialiste. Il aurait fallu parler de tout ça fermement bien plus tôt et contraindre le candidat SARKOZY à venir s'expliquer bien avant. Je suis perplexe quant au résultat. Francois BAYROU a dit au soir du 22 avril que la politique ne serait désormais plus comme avant. Je crois dans cette affirmation, et il va falloir une génération de citoyens neufs pour porter cet espoir.
Seule la candidate socialiste incarne ce renouveau dans les pratiques. La faiblesse des arguments du candidat de droite n'est pas satisfaisant. Les écologistes convaincus auront vu la nette différence entre les programmes de la socialiste et du candidat de droite. La notation de l'Alliance le confirme, seule la candidate à intégré dans son projet la nécéssité de résoudre l'urgence écologique....urgence qui n'est absolument compatible avec la protection des interêts personnel du candidat et de son clan clairement. Francois BAYROU, grâce au soutien de Corinne LEPAGE et de CAP21 avait rattrapé son retard, comme l'a montré ce dialogue entre Corinne LEPAGE et Bruno REBELLE, les convergences sur le plan environnemental entre le projet socialiste et le projet centriste est évident, autant qu'il l'est sur le plan institutionnel.

Un moment d'émotion quand même: je regarde en même temps que j'écris ce mot le pot de départ de Chirac sur CANAL. Je suis né "politiquement et citoyennement" avec les Guignols de l'Info, avec tout le recul qu'il a fallu prendre au fur et à mesure. 15 ans de Chirac Président suscite bien entendu beaucoup de questions sur son bilan, mais il nous aura quand même fait beaucoup rire sur CANAL. A voir absolument ce soir: le docu-fiction de Karl Zéro et Michel ROYER "Dans la peau de Jacques Chirac". Très intelligent, tantôt dramatique, tantôt drôle.

Si le résultat qu'on nous prédit se confirme dimanche soir, il va falloir entrer en résistance faire en sorte que les législatives donnent le ton. Nous voulions une nouvelle mandature saine, calme et apaisée, Nicolas SARKOZY et son projet nous contraignent à repousser ce projet. Mais cela nous donnera encore plus de temps pour construire ce contre-pouvoir avec lequel Nicolas SARKOZY va devoir survivre s'il l'emporte dimance...

Vous aurez compris pour qui je vais voter dimanche.... 

03.05.2007

Rdv sur Radio J ce jeudi après midi

Les électeurs centristes écolos interessent beaucoup les médias:
je participe à un débat en début d'après midi sur RadioJ, face à une jeune socialiste et à un électeur UMP.
Rdv donc sur Radio J 94.8 (Paris) à partir de 14h00.

Pour revenir rapidement sur la soirée d'hier soir, beaucoup de choses ont été dites, mais nous sommes tous d'accord pour souligner la pugnacité de Ségolène ROYAL qui a visiblement surpris Nicolas SARKOZY.
Le détail le plus frappant: la fuite systématique du candidat UMP face au regard inquisiteur de Ségolène ROYAL.

Le débat fut animé, certes un peu long, mais moderne et vif.

Je reviendrais d'ici demain sur mes impressions.

23.04.2007

Renouveller

Dimanche éprouvant.

A ce stade, pas forcement envie de rédiger un billet trop long, quelques pensées livrées au fil de ma réflexion:

Une belle victoire du nouveau centre, c'est une certitude. 18%, troisième homme ferme, arbitre du 2nd tour. C'est le scénario idéal pour tous ceux qui croient qu'il existe une troisième voie capable de faire bouger les lignes.

Une participation enthousiasmante: j'ai voté avant l'heure du déjeuner, le bureau était déjà plein, la queue dehors, le Secrétaire Général de la Ville de Paris venu constater la cohue paraissait satisfait.
Le plus incroyable fut la posture des votants dans le bureau qui ne paraissaient pas étonnés de voir autant de monde, comme si tout cela était normal. Bon en même temps, j'ai voté dans  le 16ème, où l'expression du vote est une tradition.
Détail humoristique: Doc Gynéco derrière moi dans la queue, accompagné, ne me demandez pas par qui, je n'en sais rien, sa soeur, neveux et nièces surement. Le petit lui parle de Ségolène, le Doc rit aux éclats. Aura t-il voté sarko?

Une attente interminable et stupéfiante d'incertitude. Coup de fils dans tous les sens, rumeurs fantasmagoriques de certains instituts qui distille un Sarko/Ségo en tête, avec Le Pen en 3ème et Bayrou en 4ème! Quand on voit le résultat, comment peut-on encore se poser des questions sur la viabilité de certaines méthodes sorties des urnes ou non.

Je rejoins dans la fébrilité avec mon frère Jonathan le Pavillon Baltard et mes amis bloggueurs à la République des Blogs. Les premières tendances sont là, confirmées par nos sièges respectifs. Bayrou est 3ème.
Petite déception, ouf de soulagement quand même.
Le score de Sarkozy m'attère, celui de Royal ne m'étonnes pas, celui de Bayrou me décoit évidemment mais il est conforme aux attentes, inespéré au regard des 12 mois de campagne.
Le score de Dominique Voynet me déprime: la faute à Hulot, à la stratégie du mouvement, à la radicalité du discours de Voynet au début de la campagne, dénonçant le baillon...personne ne sait.
Enfin si, tous les écolos savent que l'écologie politique ne sera plus jamais pareille et qu'il est nécéssaire d'envisager sa reconstruction.

Christophe Grébert m'interroge dans le cadre d'un podcast: mon sentiment, pour qui je vote au 2nd tour.
Hors de question de faire avec Sarko, c'est la ligne de la campagne, que ce soit à CAP21 ou chez Bayrou. Dès lors, je me pose sur Royal, qui ne peut pas faire sans ce nouveau centre. Comment-elle fera? personne ne sait pour le moment, mais elle ne peut pas l'emporter sans. Je confirme donc que nous sommes les arbitres. Même si après coup, je me demande encore si je ne voterais pas blanc, si jamais Royal ne cédait pas. Nous verrons.

Tendance reconstruction de l'écologie politique confirmée au moment où nous rejoignons l'équipe CAP21 chez Corinne Lepage. Le téléphone a déjà sonné....la suite vous dira qui a appelé....;-)
Corinne arrive après le discours de FB: décue de ne pas être au 2nd tour, mais satisfaite du choix fait par le mouvement, et le signe fort des urnes qui confirme l'attente face à ce nouveau centre.

Je retourne au Pavillon Baltard rejoindre Quitterie, Virginie, Sylvain Lapoix, Pierre Abbruzini, Fabien Neveu et tous nos amis bloggueurs.
Je vais venir des amis Verts, certess dépités, mais heureux que le calvaire se finisse, puis la magie opère: discussion entre jeunes investis en politique et ayant la volonté de refonder. Nous avions autour de la table ce qui fera le sang d'un nouvel espace, autour d'une sociale démocratie, où les enjeux climatiques seront mis au coeur du débat.

La suite au prochain épisode, je n'ai pas encore pris ma décision. Tout dépendra de la capacité de Ségolène a rassembler au delà du PS pour contrer Sarkozy.

Les premier signes ne sont pas bon à mon avis: j'ai regardé la Matinale de Canal+ ce matin, avec un débat opposant Claude Bartolone (PS) et Xavier Bertrand (UMP). Ces 2 là n'ont strictement rien compris à ce qui s'est passé hier soir. Ils pensent en être revenu au bon droite/gauche d'antan. Or ils ont à convaincre des électeurs qui ne veulent plus de ce qu'ils proposent. Ceux qui ont voté Bayrou l'ont fait parce qu'ils veulent de la nouveauté, une nouvelle ère de la politique. Nos Deux compères sont partis ce matin dans un dialogue de sourds projets contre projets, et n'ont toujours pas intégré d'une part la nécéssité de refonder profondement la politique dans ce qu'elle a de plus politicien, et d'autre part la nécéssité de faire de l'urgence climatique la colonne vertebrale de tout discours. Même si cela figure dans un projet, il faut le dire. Le simple fait de ne pas en parler montre à quel point le PS et l'UMP sont à coté de la plaque, hors du temps.

13.04.2007

Le 22 avril, je vote BAYROU

Nous arrivons enfin au 1er tour! Ouf, nous allons enfin savoir.

Savoir si LE PEN est aussi haut que personne n'ose le dire,
Savoir si SARKOZY fera autant qu'on le prédit,
Savoir si ROYAL fera aussi peu qu'on le prédit,
Savoir si VOYNET se fera bouffer par le candidat chasseur...

Savoir enfin si BAYROU a recueilli aussi bien qu'on le souhaite la marge d'indécis qui aujourd'hui affole les compteurs de tous les candidats.

Mon engagement politique reste plus que jamais le même, écolo-humaniste, auprès de CAP21 et de Corinne LEPAGE.
Corinne a fait le choix de raison de se rallier à la candidature de Francois BAYROU, en lui apportant les propositions élaborées par notre équipe depuis 1 an. Nous pouvons dire aujourd'hui que le candidat centriste a intégré dans sa vision les outils qui lui permettront d'aller au bout d'une démarche qu'il sentait jusqu'à présent, et qu'il peut aujourd'hui techniquement mettre en place grâce à Corinne LEPAGE.

Pour reprendre les propos de la présidente de CAP21, l'élection de FB est en effet vitale.

Mais elle est pour moi vitale pour une raison simple: c'est la seule qui permet le renouveau démocratique et l'émergence d'une nouvelle génération de citoyens et de politiques.
Car aujourd'hui, ceux qui militent autour de CAP21 et de Francois BAYROU ne sont pas de simples militants groupies, ce sont d'abord des citoyens qui croient dur comme fer qu'ils pourront animer cette force qui va construire un nouvel espace politique et citoyen qui dépasse les clivages. Le but étant de proposer au final une autre manière de s'investir pour rassurer, attirer et convaincre que nous avons encore les clés pour reconstruire un projet où la Société Civile a toute sa place.

Le passage de Francois BAYROU dès le premier tour est pour moi vital, car il est le seul rempart valable anti-sarko, et anti UMP, l'UMP telle qu'on la connait aujourd'hui, c'est à dire hors du temps, rétrograde, extrème, provocante et glorifiante.

L'élection de Francois BAYROU est pour moi vitale car elle seule permettra de mettre au coeur de la politique gouvernementale l'action en faveur de la préservation des espaces et de la durabilité de son action. FB est en effet le seul aujourd'hui à pouvoir disposer d'une experte en la matière, expérimentée, qui sache construire avec lui la Société durable qu'il nous faut. Alors que d'un coté, VOYNET sera incapable de composer autrement que politiquement avec ROYAL et que de l'autre, SARKOZY luttera severement pour trouver le profil qui saura transformer autrement la minable notation qui lui a été attribuée par l'Alliance.

Enfin, l'élection de Francois BAYROU est pour moi vitale, car le géographe aménageur que je suis envisage le choix politique aussi autour de la vision des territoires que proposent les candidats. Corinne LEPAGE propose une vision gestion durable des territoires, Francois BAYROU l'incarne par son profil, ses racines, et son attachement au local, ce qui est loin d'être le cas des autres.

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29.03.2007

2 millions de nouveaux électeurs: la mobilisation citoyenne est en cours....

4.2% d'inscrits supplémentaires sur les listes électorales à l'approche du scrutin présidentiel. Le Ministère de l'Intérieur a beau dire qu'il s'agit d'une progression normale, les chiffres des années présidentielles précédentes démontrent le contraire: +2.3% en 2002 / + 2.1% en 1995 / +1.9% en 1988. Progression constante, certes, mobilisation accrue pour 2007, c'est sûr. C'est dans l'urbain que la progression est la plus forte, ainsi que chez les Ultra-marins. La palme à Paris avec +9.61%.

Comment interpreter cela? mobilisation pour ne pas revivre le 21 avril 2002? mobilisation anti-Sarkozy, anti-Royal, anti-LePen, anti-Bayrou, selon sa sensibilité? Quelle sera l'absention malgré tout? A qui cela va t-il profiter?

A mon sens, ca n'est pas la dessus qu'il faut se pencher, mais plutot sur la portée symbolique de l'acte d'inscription, notamment chez les jeunes en Seine Saint Denis par exemple, où chez les Ultra-marins.
Il semble que certaines populations qui se sentent toujours plus délaissées par les politiques que d'autres comprennent enfin que leurs bulletins ont le pouvoir de faire changer les choses. Quel qu'en soit le résultat, c'est une première victoire.

La seconde victoire, c'est la mobilisation sur le terrain des associations qui ont chacune à leur manière fait la promotion de l'inscription sur les listes électorales. Jamais les collectivités n'auront autant contribué financièrement à la mobilisation par le biais des attributions de subventions pour des actions de sensibilisation citoyennes: campagnes de communication, happenings, cafés débats, etc.
Cela montre plus que jamais l'impact fondamental de l'associatif sur le citoyen et la capacité de mobilisation du tissu que c'est formé et consolider depuis maintenant une petite décennie.

Les candidats à la Présidentielle doivent désormais intégrer la vie associative comme un ferment indispensable de la citoyenneté en accédant à un certain nombre de requêtes formulées par ces nouveaux professionnels: consolidation des structures existantes, reconnaissance de l'économie sociale et solidaire comme un pan entier de l'activité économique du pays, renforcement du dispositif de bénévolat, un vrai statut pour les "professionnels associatifs",...
Une partie du travail est déjà engagée grâce au Ministère de la Vie Associative et par les réseaux associatifs soutenus par les Pouvoirs Publics. Il faut désormais pérénniser les actions en cours pour continuer de donner de la voix aux citoyens!

                                                                    LE 22 AVRIL VOTONS!!!!!  

12.03.2007

Un nouveau temps de la démocratie écologique s'ouvre

Quel week-end!
Corinne LEPAGE rejoins le combat de Francois BAYROU et de l'UDF dans la présidentielle. La campagne présidentielle de CAP21 s'arrête donc net.

medium_programme_corinne_lepage_mini.3.jpgPour tout vous dire, je suis encore sonné. Sonné car comme pour tout militant, une telle annonce implique énormement de choses. En tant que militant investi au coeur du mouvement, je savais que ce choix serait à faire. Mais il faut reconnaitre qu'avoir tranché avant même de savoir si Corinne était qualifiée pour le premier tour donne un sentiment de travail non-achevé.
Sonné ensuite car j'ai participé à la construction du programme, à lui donner une identité, un sens. Je l'ai porté, et continuerai à le porter plus que jamais. J'ai la chance à mon âge d'y avoir contribué et d'avoir continuellement défendu l'idée selon laquelle un petit mouvement comme CAP21 prendrai sa place à partir du moment où il aurait entre les mains une base forte. Nous avons déjà beaucoup de bases, nous les avons renforcées avec un programme fort, innovant qui inscrit l'écologie politique dans une démarche refondée et non-clivée.
Retrouvez d'ailleurs le programme de Corinne programme_2007.pdf 

Voilà pourquoi je suis sonné. C'est humain, et comme dans toute bataille politique, il y a le temps des grands moments de joie ( le mien fut lors de l'annonce du score de la liste dont je faisais partie, de 3.8 aux européennes en 2004), mais aussi des moments forts de réflexions partagés entre déception et euphorie.

Je suis content du choix fait, car j'estime que c'est un choix qui s'opère dans la continuité du projet dont la finalité est plus que jamais d'ouvrir un nouvel espace politique qui transcende les clivages et qui rassemble. Le projet d'écologie politique porté par moi même et les militants avec qui je bosse est mobilisé autour de ce rassemblement que nous souhaitons faire, notamment autour des forces dites "centristes", mais aussi de gauche et chez les Verts.

Ca n'est pas parce qu'un projet de candidature se clot qu'il ne faut pas poursuivre le combat. La force d'un militant, c'est justement de savoir transformer les minis-déception en force pour l'avenir. Je pense au fond de moi que ce choix est le bon. Il est le bon, car je me sens profondément de "centre gauche" et que tous les projets qui tournent autour du bouleversements des clivages prennent tout leur sens dans la volonté de se placer au dessus. Celui de l'UDF est désormais complété par celui de CAP21.

Là où je vais continuer parallèlement à puiser ma force, c'est dans le combat pour faire emerger une nouvelle génération de politiques, une nouvelle génération de jeunes citoyens. C'est un combat que je partage avec Quitterie DELMAS, la très médiatique porte parole des Jeunes UDF Paris. Elle et ses "Jeunes Libres de s'engager" porte dans leurs cercles cette même volonté de proposer une autre manière de regarder l'investissement citoyen, basée sur le dialogue, l'ouverture et la construction d'une autre societé qui valorise toutes les formes d'engagements.

Un petit point d'humeur sur 3 élements forts du we:

* "Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale" proposé par Nicolas SARKOZY. On nage bien entendu en pleine provocation, c'est la tactique du candidat UMP. Tout a été dit la dessus, henri GAINO, la plume de SARKOZY, disait ce matin dans la Matinale de Canal+ que c'est par pure volonté de provoquer pour donner au final un autre sens aux mots.
Soit, vouloir redonner du sens aux mots est un fait, mais mon grand historien de papa me racontait ce we qu'après recherche dans ses bouquins, le mot même d'"identité nationale" sortait du vocable des lois de Vichy, repris comme on le sait par LE PEN par la suite. Voilà donc où cherche à nous entrainer Nicolas SARKOZY. Se rememorer les heures sombres de l'occupation pour selon lui mieux provoquer une redefinition des termes.
C'est clair pour moi: cette nouvelle définition "made in Sarko" ne me plait pas. Elle est hors du temps, et trop provocatrice pour créer la cohésion qu'elle necessite derrière.

*Sur le discours de Chirac: sa non-candidature est un non-évenement. Son "ôde aux français" est certes touchante, je le crois sincère. Mais je ne peux pas m'empecher de voir le bilan. J'ai grandi politiquement dans mon engagement avec lui, j'ai le sentiment que le citoyen a avalé un maximum de couleuvres, trop de promesses surtout, beaucoup d'affaires.

Seul bilan archi positif, et je lui lui en être personnellement reconnaissant: son action en faveur de la Prévention et de la Sécurité Routière. Ce chantier lançé porte aujourd'hui ses fruits, baisse significative du nombre de morts sur les routes et forte prise de conscience des dangers de l'alcool et des drogues au volant. Mon association Voiture&Co recoit le soutien de beaucoup de collectivités et de politiques de tout bords. La Mairie de Paris la première s'est lançée dans le défi des soirées softs,  Jacques Chirac, l'Elysée et le Ministère de la Vie Associative soutient beaucoup d'associations, la nôtre en particulier, ce qui nous permet de faire avancer le débat jusqu'au cercle élyséen, ce qui est très très important compte tenu de l'enjeu, sans aucune manipulation. Enfin l'Union Européenne à fait de notre association la co-référente en matière de Sécurité Routière. Les Institutions ont dans ce cas précis, su mettre en avant les bonnes volontés en la matière pour traduire sur le terrain le message. Jacques CHIRAC y est pour beaucoup.

* C'est lié: la provocation Sarkozienne (encore une) sur le vin qui n'est pas une drogue, et dont on doit faire la pub. Jusqu'où aller pour satisfaire son électorat, la question se pose. Le vin est une drogue dès lors que l'on ne travaille pas sur la manière de le consommer. Le faire avec modération est un premier pas, dire quand on va au Salon de l'Agriculture qu'il est un pur produit de la France à défendre est certes important, mais rappeler qu'il reste une drogue dès lors que l'on en détourne l'usage et qu'il peut causer des décès est fondamentalement responsable.
Nicolas SARKOZY ne connaissait déjà rien à l'écologie politique, on voit aujourd'hui qu'il a beaucoup d'efforts à faire sur son discours quant aux morts sur les routes et à l'alcool au volant. 

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